DPE 2027 : quels effets pour les propriétaires, les bailleurs et les acheteurs ?

28/09/2026

À partir du 1er janvier 2027, le diagnostic de performance énergétique va de nouveau évoluer.

Cette fois, la principale modification concerne l’électricité : son coefficient de conversion en énergie primaire passera de 1,9 à 1,7.

Derrière ce changement très technique se cache une conséquence importante : certains logements pourraient obtenir une meilleure étiquette énergétique sans qu’aucun travaux n’ait été réalisé.

Selon les estimations officielles, environ 300 000 logements pourraient ainsi sortir des classes F ou G, principalement parmi les logements chauffés à l’électricité.

Pour les propriétaires, bailleurs et acquéreurs, cette évolution mérite donc d’être anticipée.

Ce qui change au 1er janvier 2027

Le DPE prend notamment en compte la consommation d’énergie primaire du logement.

Pour l’électricité, la consommation réelle est convertie en énergie primaire grâce à un coefficient.

Ce coefficient était encore de 2,3 jusqu’à fin 2025. Il est passé à 1,9 au 1er janvier 2026 et sera abaissé à 1,7 au 1er janvier 2027.

Concrètement, pour une même quantité d’électricité consommée, la consommation d’énergie primaire retenue dans le DPE sera plus faible.

Prenons un exemple simple.

Pour un logement entièrement électrique consommant 100 kWh d’énergie finale par m² et par an :

avec un coefficient de 1,9, le DPE retient 190 kWh d’énergie primaire ;

avec un coefficient de 1,7, il n’en retiendra plus que 170 kWh.

La consommation réelle du logement ne baisse pas pour autant.

C’est la méthode de calcul qui devient plus favorable à l’électricité.

[NOTE IMOCONSEIL : ce passage se prête très bien à une petite infographie « 2026 : 190 kWh / 2027 : 170 kWh ».]

Quels logements pourraient voir leur DPE s’améliorer ?

Tous les logements consomment au moins un peu d’électricité, notamment pour l’éclairage ou certains équipements.

Mais l’effet sera naturellement beaucoup plus marqué lorsque l’électricité représente une part importante de la consommation du logement.

Sont notamment concernés :

les logements équipés de radiateurs électriques ;

ceux utilisant un chauffe-eau électrique ;

les logements équipés d’une pompe à chaleur ;

plus généralement, les biens dont une grande partie des besoins énergétiques repose sur l’électricité.

Cela ne signifie toutefois pas que tous les logements électriques vont automatiquement gagner une lettre.

Le classement dépend également de nombreux autres paramètres :

l’isolation ;

la surface du logement ;

le système de chauffage ;

la production d’eau chaude ;

la ventilation ;

les émissions de gaz à effet de serre ;

et surtout la proximité du logement avec le seuil séparant deux classes énergétiques.

Un logement classé F mais situé juste au-dessus de la limite de la classe E pourra ainsi avoir davantage de chances de changer d’étiquette qu’un logement situé au cœur de la classe F.

Environ 300 000 logements pourraient sortir des classes F et G

C’est probablement l’un des chiffres les plus significatifs de cette réforme.

Selon les estimations officielles, l’abaissement du coefficient électrique de 1,9 à 1,7 pourrait faire sortir environ 300 000 logements du statut de passoire énergétique, principalement parmi ceux chauffés à l’électricité.

Ce chiffre doit néanmoins être remis en perspective : il est établi à partir de la structure du parc de logements et ne signifie évidemment pas que tous les logements électriques changeront de classe.

Chaque bien reste un cas particulier.

Pour un propriétaire, la première étape sera donc de regarder son DPE actuel, son mode de chauffage et sa position exacte dans la classe énergétique.

[NOTE IMOCONSEIL : c’est probablement le chiffre à mettre en avant dans le visuel d’accompagnement de l’article.]

Une meilleure étiquette ne signifie pas que le logement a été rénové

C’est un point essentiel.

Un logement qui passe de F à E grâce au nouveau calcul n’a pas soudainement bénéficié d’une meilleure isolation.

Ses fenêtres n’ont pas changé.

Son chauffage n’est pas devenu plus performant.

Et sa facture d’électricité ne diminuera pas simplement parce que son étiquette DPE évolue.

La réforme modifie le classement réglementaire du logement, pas ses caractéristiques physiques.

Un bien mal isolé pourra donc rester coûteux à chauffer et inconfortable en hiver comme en été, même avec une étiquette améliorée.

Pour les acquéreurs, il restera indispensable d’étudier le DPE dans son ensemble et pas uniquement la lettre située en haut du document.

Quelles conséquences pour les propriétaires bailleurs ?

Pour les bailleurs, le sujet est particulièrement important en raison du calendrier de décence énergétique.

En France métropolitaine :

les logements classés G sont concernés par l’interdiction progressive de location depuis le 1er janvier 2025 ;

les logements classés F seront concernés à partir du 1er janvier 2028 ;

les logements classés E le seront à partir du 1er janvier 2034.

Pour un logement actuellement classé F et chauffé à l’électricité, un éventuel passage en E en 2027 peut donc avoir des conséquences importantes.

Il pourrait notamment modifier l’urgence de certains travaux au regard de l’échéance de 2028.

Cela ne signifie pas qu’un bailleur peut considérer dès aujourd’hui que son logement changera automatiquement de catégorie.

Seul le classement officiel actualisé permettra de connaître précisément la situation du bien.

Faut-il refaire son DPE en 2027 ?

Pas nécessairement.

Les DPE déjà réalisés et encore valables continueront de pouvoir être utilisés.

Lorsqu’un logement bénéficie d’une amélioration de classement grâce au nouveau coefficient, le propriétaire pourra obtenir gratuitement une attestation officielle de nouvelle étiquette auprès de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.

Cette démarche ne nécessitera pas de nouvelle visite du diagnostiqueur.

L’attestation aura la même durée de validité que le DPE auquel elle se rattache et pourra notamment être utilisée dans le cadre d’une vente ou d’une mise en location.

Pour l’obtenir, il faudra renseigner le numéro figurant sur le DPE.

Conseil pratique : avant de commander un nouveau diagnostic en 2027, il pourra donc être utile de vérifier si une simple attestation d’actualisation suffit.

Quel effet sur la vente d’un logement ?

Le DPE occupe aujourd’hui une place importante dans la perception d’un bien immobilier.

Lorsqu’un acquéreur découvre un logement classé F ou G, il peut immédiatement anticiper :

des travaux de rénovation ;

une consommation énergétique importante ;

des contraintes futures pour la location ;

ou une perte potentielle de valeur.

Ces éléments peuvent entrer directement dans la négociation du prix.

À l’inverse, un logement passant de F à E ou de E à D pourra présenter une situation plus rassurante.

Il serait cependant excessif d’affirmer qu’une meilleure étiquette provoquera automatiquement une hausse du prix du bien.

La valeur immobilière dépend toujours de nombreux critères : emplacement, état général, surface, prestations, charges, environnement et niveau de demande locale.

Le DPE constitue néanmoins désormais un véritable élément de comparaison entre deux biens similaires.

Vendeur : pourquoi vérifier son DPE avant de mettre son bien sur le marché ?

Pour un propriétaire qui envisage de vendre en 2027, il pourra être particulièrement intéressant de vérifier son classement avant la publication de l’annonce.

Prenons l’exemple d’un appartement chauffé à l’électricité et actuellement classé F.

Si l’application du coefficient 1,7 lui permet d’obtenir une étiquette E, continuer à le commercialiser avec une ancienne étiquette F pourrait créer une perception inutilement défavorable auprès des acquéreurs.

À l’inverse, il ne faut pas anticiper un changement de lettre qui ne serait pas confirmé officiellement.

La bonne démarche sera donc :

vérifier, actualiser, puis communiquer.

[NOTE IMOCONSEIL : ici, on peut insérer un encadré « Vous préparez une vente ? Votre conseiller IMOCONSEIL peut intégrer le DPE et ses évolutions dans l’analyse de votre bien ».]

Et pour les acheteurs ?

Les acquéreurs devront eux aussi regarder au-delà de la simple lettre.

Face à deux logements classés F, il pourra notamment être utile de vérifier :

l’énergie utilisée pour le chauffage ;

la date du DPE ;

la consommation exacte indiquée ;

la classe d’émissions de gaz à effet de serre ;

les travaux préconisés ;

et l’éventuelle possibilité d’obtenir une nouvelle étiquette en 2027.

Un logement F chauffé à l’électricité et situé très près du seuil E peut présenter une situation différente d’un logement F chauffé au fioul ou au gaz.

Cela ne doit pas conduire à négliger les travaux nécessaires, mais permet d’avoir une vision plus précise du bien.

Le chauffage électrique pourrait être mieux valorisé par le DPE

Cette évolution marque également un changement dans la manière dont l’électricité est prise en compte.

Le coefficient de conversion était autrefois fixé à 2,58, puis à 2,3, avant de passer à 1,9 en 2026 puis 1,7 en 2027.

La réforme vise notamment à mieux prendre en compte le caractère largement décarboné de la production électrique française et à favoriser progressivement l’électrification des usages.

Elle devrait également rendre plus favorable, dans le calcul du DPE, le remplacement de certains équipements utilisant des énergies fossiles par des équipements électriques performants comme les pompes à chaleur.

Le DPE 2027 ne se limite d’ailleurs pas au coefficient électrique

L’évolution du coefficient de l’électricité est la mesure qui aura probablement le plus d’impact immédiat pour de nombreux propriétaires.

Mais le DPE évoluera également en 2027 pour tenir compte de nouvelles dispositions européennes, notamment concernant la place des énergies renouvelables et l’identification de certains bâtiments à émissions nulles.

Le diagnostic énergétique est donc appelé à continuer d’évoluer dans les prochaines années.

Pour les professionnels comme pour les propriétaires, il devient indispensable de ne plus considérer le DPE comme une simple formalité administrative.

Ce qu’il faut retenir

Au 1er janvier 2027, le coefficient de conversion de l’électricité passera de 1,9 à 1,7.

Certains logements utilisant beaucoup d’électricité pourront bénéficier d’une meilleure étiquette.

Selon les estimations officielles, environ 300 000 logements pourraient sortir des classes F et G.

Un meilleur DPE ne signifie pas que le logement consomme réellement moins ou qu’il a été rénové.

Les conséquences peuvent être importantes pour certains bailleurs à l’approche de l’échéance de 2028 concernant les logements classés F.

Un DPE encore valide ne devra pas nécessairement être refait : une attestation officielle gratuite pourra permettre d’actualiser son étiquette.

Avant une vente ou une mise en location, il sera donc utile de vérifier le classement réellement applicable au logement.

Le conseil IMOCONSEIL

Le DPE est devenu un élément important de la stratégie de vente d’un logement.

Mais une étiquette énergétique ne suffit jamais, à elle seule, à déterminer la valeur d'un bien.

Chez IMOCONSEIL, nos conseillers prennent en compte l’ensemble des caractéristiques du logement, son environnement, le marché local et les évolutions réglementaires pour établir une estimation cohérente et accompagner chaque propriétaire dans son projet.

Vous envisagez de vendre ou de louer un bien ?

Parlez-en à votre conseiller IMOCONSEIL.

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